La bataille entre banques historiques et pure players digitaux se déplace vers les pros

Mis à jour : juil. 7

La banque des pros, celle des indépendants et des TPE, se trouve au centre de l’attention des professionnels du secteur. Sans surprise, car bénéficiant d’un triple booster : le volume de créations d’entreprises et, plus encore, de micro-entreprises ; l’entrée en vigueur au printemps d’un dispositif législatif encourageant ces dernières à la création de comptes professionnels ; la multiplication des acteurs digital natives, auxquels répondent les initiatives des acteurs historiques. Après s’être déployé à l’échelle européenne sur le segment de la banque de détail, l’agence de notation de la performance digitale D-Rating conduit en 2021 sa première campagne de notation de la banque des pros.


La France a établi en 2020 un nouveau record en termes de nombre de création d’entreprises : l'Insee en a dénombré 996 217, en hausse de 31% en un an. Pour les trois quarts, il s’agit d’entreprises individuelles.


Aux termes de la loi PACTE du 22 mai 2019, et après une phase de transition de deux ans, il n’est désormais plus possible à ces micro-entrepreneurs de gérer leurs revenus professionnels au travers de leur compte en banque personnel si ceux-ci dépassent 10 000 € par an, pendant deux exercices consécutifs. Le nouveau cadre ne leur crée pas d’obligations d’opérer cette distinction au travers d’un compte pro – ils peuvent ouvrir un 2e compte particulier – mais la concours de séduction dans lequel se sont lancés groupes historiques et nouveaux entrants, constitue une forte incitation.


Ces pure players digitaux bénéficient d’un fort soutien des investisseurs. Sur la période 2018/2020, les statistiques établies par la banque d’affaires eCap Partner évaluent à plus de 180 M€ les fonds levés par les fintechs spécialisées sur le marché des pros, avec une mention particulière pour Qonto (124 M€ à elle seule). Et alors qu’elles ne représentaient que 13% des financements dédiées aux fintechs en 2018, leur part était de 24% en 2020.


Comme sur le marché des particuliers, les autres compétiteurs ne sont pas restés sans ré-action : acteurs historiques, comme le Crédit Agricole avec le lancement de Blank, Société Générale avec celui de Shine ou Crédit du Nord avec celui-de Prisméa, banques en ligne de première génération, avec le déploiement de l’offre d’Hello Bank (BNP Paribas), Hello Business, ou encore néo-banques, avec le rachat d’Anytime par Orange Bank.


Pour 2021, D-Rating a donc étendu son activité de notation à la banque des pros, en complément de celle qu’il conduit depuis 2017 sur le marché des particuliers.

Cette première campagne inclut, en France, dix-huit enseignes :


Scope SME 2021

Les banques traditionnelles ont des stratégies app différentes ; pour certains l'application mobile est la même pour les clients particuliers et professionnels avec pour objectif de proposer le même outil pour couvrir les 2 univers de besoin de leurs clients ; d'autres ont pris le parti de proposer une app dédiée au marché des pros ; enfin certain proposent à leurs clients pros d'utiliser soit l'appli "part" soit l'appli "entreprise" en fonction du niveau de besoin.


Les banques traditionnelles, à l’exception de La Banque Postale, obligent à un rendez-vous avec un conseiller dans le cadre de l'entrée en relation commerciale.


En plus de proposer un parcours 100% digital, les néo banques sont transparentes sur les différents niveaux d'offre (1 à 3 selon la marque) qui sont présentés à travers un comparatif d’offres, également présent pour les clients particuliers. Pour les banques traditionnelles, les canaux digitaux offrent peut de visibilité sur l’offre, et le client doit donc attendre son rendez-vous avec le conseiller pour la découvrir.


Illustration du comparatif des offres de Memo Bank

Enfin, l'offre de produits bancaires directement opérées par les néo-banques reste assez limitée côté néo-banques (prêt, affacturage...), mais les partenariats noués par ces dernières avec des intervenants tiers permettent de couvrir davantage de besoins, avec à la clé, toutefois, une interrogation sur le partage de valeurs qui en découle, et sur la capacité à rentabiliser les comptes ouverts.

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